Qui déchaîne le mieux sa violence ? L'Humain, ou le reste de la Nature, dont il s'éloigne -trop ? Dans Les contrées sauvages (Tome 2) -et le titre n'en est que plus adapté, ils s'affrontent. L'Humain y est presque pathétique face à une Nature crue et sèche qui lui apporte une justice brute. La violence n'entraîne ici que la violence...
Dans ce second tome, la Nature a quelque chose de mystique. Les récits réalistes sont traversés d'apparitions légendaires et d'ambiances fantastiques... De nombreux chapitres développent aussi l'idée de violence-conséquence dont la cause est l'Humain. Les histoires ne sont pas classées par ordre chronologique, mais une impression d'aboutissement et de juste équilibre se dégage de ce tome, en plus des sentiments laissés par le premier.
Aussi, l'évolution du style de Taniguchi est merveilleusement mise en avant par le récit qui conclut le tome, réalisé trente ans après l'avant-dernier : le dessin du mangaka y passe de brutal à sophistiqué, de parfois maladroit à toujours maîtrisé.
Une belle anthologie en deux tomes, des années 70 à 2010, sur la violence des grands espaces et des êtres qui les peuplent -Humains et animaux. Le trait et le scénario de Taniguchi y évoluent peu à peu vers ce qu'ils sont maintenant : de superbes et implacables outils de narration.