En juin 1962, trois détenus s'échappent de la prison d'Alcatraz et disparaissent dans la nature. Officiellement, on les suppose noyés dans la baie de San Francisco, comme tant d'autres avant eux. Pourtant, aucun corps ne fut jamais retrouvé et le mystère demeure encore aujourd'hui : et si Frank Morris et les frères Anglin avaient réellement réussi l'impossible ? À partir de cette question, certains ont imaginé ce qui aurait pu arriver après l'évasion.


Depuis que j'ai vu enfant le film L'Évadé d'Alcatraz avec Clint Eastwood, cette histoire me fascine… comme tous les grands récits d'évasion de manière générale. Alors forcément, je ne pouvais pas passer à côté de ce comics.


L'histoire avait déjà été adaptée en BD il y a quelques années avec Frank Lee : l'après Alcatraz, un titre que j'avais adoré et que je recommande fortement. Cette version proposait une plongée dans le San Francisco des années 60-70, avec une vision intéressante du fugitif cherchant une forme de rédemption et de réinsertion dans la clandestinité.


La version de Cantwell et Crook prend une direction totalement différente. Ici, pas de héros : les évadés sont montrés comme des criminels violents, paumés, traqués. le récit est un polar noir réaliste et oppressant, un thriller haletant de 150 pages alternant entre le point de vue des fugitifs et celui des enquêteurs. Il y a d'ailleurs une intrigue amoureuse entre deux flics qui m'a semblé un dispensable et superficielle, mais cela n'empêche jamais le récit de rester prenant.


Ce qui fonctionne bien, c'est que les anti-héros ne sont pas des génies infaillibles. Ils commettent des erreurs, improvisent et passent leur temps à tomber de Charybde en Scylla en croisant une galerie impressionnante de personnages minables et dangereux alors que leurs poursuivant se rapprochent, accentuant la tension. Cette fuite désespérée donne au récit une tension permanente.


Le dessin colle parfaitement à cette ambiance noire et pessimiste. Sa manière de représenter l'Amérique rurale, les motels miteux, les routes perdues et les petites villes poisseuses renforce l'ambiance country noir dans ce road trip criminel.


J'aime beaucoup cette idée de partir d'un fait réel encore entouré de mystère pour lui inventer une conclusion fictive crédible. Ce n'est pas une BD parfaite, mais j'ai beaucoup aimé cette vision sombre de la légende.


Morts noyés ou non, ces évadés-là sont devenus immortels.

Tim-Flyn
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le 9 juin 2026

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Tim-Flyn

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