J’ai un très bon souvenir du film Les Évadés d’Alcatraz avec Clint Eastwood, même si cela fait des années que je ne l’ai pas revu. J’étais donc assez curieux de découvrir ce comics, qui part du principe que les évadés ont finalement survécu et imagine ce qui aurait pu leur arriver après leur évasion.
L’idée de départ est plutôt intéressante : pour être réellement libres, nos évadés doivent continuer à fuir. Et c’est finalement le cœur du récit, puisque l’on va suivre plusieurs personnages confrontés, chacun à leur manière, à différentes formes de fuite. Les évadés bien sûr, mais également une femme noire qui les aide et cherche elle aussi à échapper à sa condition pour pouvoir vivre librement, ainsi que deux agents lancés à leur poursuite, qui doivent eux-mêmes cacher leur homosexualité et rêvent de pouvoir vivre leur amour au grand jour.
À travers ces différents parcours, le récit nous pousse à réfléchir à la notion de liberté. Qu’est-ce que la prison, finalement ? Est-ce uniquement celle dans laquelle on enferme les condamnés, ou peut-elle aussi être celle que l’on se construit dans sa propre vie, à cause des conventions, de la société ou de la peur ? C’est probablement ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans ce comics.
Malheureusement, en dehors de cette réflexion, j’ai trouvé l’histoire globale assez moyenne. En matière de polar noir, j’ai déjà lu beaucoup plus convaincant. Et finalement, le mystère autour de ce que sont devenus les évadés d’Alcatraz ressemble davantage à un prétexte qu’à un véritable élément indispensable au récit. L’histoire aurait finalement pu fonctionner avec n’importe quelle évasion, même totalement fictive.
Je ne me suis pas vraiment attaché aux personnages et, malgré quelques bonnes idées, je n’ai jamais réussi à entrer complètement dans le récit.
Côté dessins, c’est en revanche plutôt réussi. Tyler Crook retranscrit très bien l’ambiance sombre et poisseuse du récit, avec un style qui colle parfaitement à l’atmosphère. J’ai simplement trouvé certaines expressions de visage parfois un peu étranges, ce qui m’a sorti à quelques reprises de ma lecture.