Quand le premier tome est sorti, la critique fut unanime pour saluer le travail d’Oshimi. Malsain, pesant, oppressant étaient les qualificatifs qui revenaient le plus souvent. C’est donc plein d’espoir que j’ai attaqué la lecture des deux premiers tomes. Malheureusement, j’ai assez vite déchanté. J’ai trouvé que l’histoire que nous raconte le mangaka manque de bien trop de subtilité pour me provoquer la moindre émotion. Il n’y a pas de montée en puissance dans le malaise. Dès le début, on sent bien que rien ne va et que la mère a un gros problème. C’est dommage de ne pas avoir laissé plus d’ambiguité, au moins au début. Il offre aussi assez peu de respiration à son histoire. Alors bien sûr ça renforce le côté étouffant de la relation, mais à être toujours à fond, je trouve qu’on perd en impact dramatique.
Graphiquement, le dessin d’Oshimi est très réussi et il gère avec talent les rayures et les aplats de noir pour instaurer cette ambiance pesante. Malheureusement, j’ai trouvé son découpage assez redondant, avec l’impression de voir un peu toujours les mêmes scènes. Il use et abuse des gros plans sur les regards de ces deux personnages principaux pour nous faire comprendre que quelque chose ne va pas. J’ai fini par rapidement tourner les pages sans réellement apprécier le dessin. Il y a tout de même quelques belles idées comme ce trait qui devient plus nerveux, plus hachuré quand Sei et sa mère basculent dans la folie à la fin du tome 1. A noter aussi les couvertures qui sont magnifiques et d’une douceur en totale opposition avec le contenu.
la folie, le malaise imprègnent les pages
Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout été séduit par les deux premiers tomes des Liens du sang. Je n’ai pas été happé par le récit et suis resté assez hermétique à ce que l’auteur voulait raconter. Il est donc peu probable que je lise la suite. Cependant, plein de gens au goût fort respectable classent cette oeuvre dans les toutes meilleures sorties de 2019, donc il vous plaira peut-être, qui sait?