Le taux de suicide en Corée dépasse les 33/100 000, ce qui fait de ce pays petit en taille mais à la population presque égale à la France le second mondial sur le podium du mal de vivre, après la biélorussie et loin devant le Japon. C’est cette réalité inimaginable que le jeune auteur Coréen Min-Ho Choi à décidé de traiter dans ses « naufragés ».
Après une première oeuvre optimiste et magnifiquement illustrée sur l’agriculture urbaine dans la banlieue de Séoul, c’est dans un registre un peu plus sombre, mais toujours avec des personnages chaleureux et attachants que nous revient cet auteur atypique et très humain.
Le jeune kim rentre dans son village natal, dans une maison héritée de son père, pour y concrétiser un projet original, ouvrir une boutique d’aquariophilie. Mais il s’aperçoit que le quartier est un lieu de prostitution nocturne, à l’ambiance toute particulière, où toute une population écorchée vive se côtoie dans un mélange de détresse et de bonne humeur. Au fil de ses rencontres, il se prend d’amitié, et plus, pour une jeune prostituée désespérée, avec laquelle il renoue avec sa propre vie, marquée par une enfance traumatisée.
Tout en subtilité, avec un récit minimaliste, Min-Ho Choi nous fait pénétrer très simplement et sans énormément de rebondissements dans une histoire intime et lente. Le dessin de style acquarelle, épuré, coloré et un peu déformé, est absolument magnifique et approfondit la dimension Fellinienne de cet endroit et des gens qui s’y cotoient. Une belle réussite graphique au service d’un récit existentiel, bien typique du manhwa coréen.