J'aime décidément beaucoup Mana Neyestani. Après les excellents "Une métamorphose iranienne" et "Trois heures" dont j'ai adoré la lecture cet auteur iranien me réenchante avec "Les oiseaux de papier".
Récit très documenté et donc proche du réal (voir les très intéressantes préfaces et postfaces), cette BD romancée par son auteur révèle la terrible vie de Kurde irakiens vivants à la frontière avec l'Iran. De nombreux villages situés dans les montagnes sont contraints de faire de la contrebande de matériaux interdits en Iran pour survivre.
Si cette BD a immanquablement un aspect documentaire, Mana Neyestani a dessiné un récit amenant aussi un aspect humain et sensible aux personnages vivant dans cette tragédie. On va suivre tout un groupe de personnages prisonniers de leur destin et subissant cette situation terrible car ne profitant à personne parmi les populations locales.
Visuellement, le trait de Neyestani est toujours aussi beau et son crayonné de noir et blanc fonctionne très bien. On s'éloigne du dessin de presse par rapport à d'autres de ses oeuvres pour donner plus de vie au récit et essayer de toucher une forme d'intime et de sensible assez réussi.
A la fois révélateur d'une tragédie inconnue et formidable portrait humaniste et culturel, Les oiseaux de Papier est un très beau témoignage et la confirmation d'un auteur à ne pas manquer.