Une BD ambitieuse et passionnante sur l’histoire du Codex de Florence. L’entreprise de mémoire monumentale pour sauver de l’oubli une langue, des rites, croyances et coutumes d’un monde en train d’être effacé : Anahuac le pays des Aztèques annihilé en quelques décennies par la Conquista.
Les sentiers d’Anahuac c’est aussi l’histoire émouvante d’Antonio Valeriano jeune indien christianisé, tiraillé entre ses racines Aztèques et le nouveau pouvoir espagnol et Bernardino de Sahagun missionnaire franciscain qui bravent l’inquisition régnante pour entreprendre un des premiers grands travaux d’anthropologie. Une histoire d’amitié, une aventure pour préserver le précieux souvenir d’un pan entier de l’humanité promis à disparaitre.
A l’image du travail encyclopédique qui est raconté par Romain Bertrand et Jean Dytar, cette BD est sacrément ambitieuse. Le format, l’édition, les illustrations mêlant style glyphique Aztèque, ligne claire et plus réaliste, couleurs et noir et blanc, la construction de la narration, réussissent merveilleusement à nous plonger dans un récit documentaire historique majeur et immensément humain…