Une arrière-boutique bien étrange…
Levure est la première bande dessinée et récit complet de Juliette Hayer aux éditions Sarbacane.
Durant un été, nous suivons Charlotte qui débute un job étudiant en boulangerie. Elle rêve de cinéma et d’écrire des scénarios, sauf qu’à la place, elle va découvrir l’odeur du pain ainsi qu’un métier rude, intense et très strict notamment sur l’hygiène. Sa manageuse est tyrannique et quelques clients sont agressifs : bref, les joies du commerce.
Alors qu’elle commence à prendre ses marques, Charlotte entend parler d’un fait divers sordide. Elle perçoit peu à peu un étrange liquide qui dégouline des machines, des grilles voire même de la pâte à pain. Phénomènes paranormaux ? Boulangerie hantée ? Ou pure folie ? La boulangerie laisse des séquelles… inexplicables ?
Entre tranches de vie et récit horrifique, Levure est un ouvrage évoquant la précarité et la toxicité du monde du travail : par les joies du commerce évoquées précédemment, mais également les difficultés de ce travail : la pression ou bien la santé mentale que ce soit par les tâches à faire, l’environnement ou encore par ces employées qui ne peuvent pas se permettre de le quitter. Ce travail, qui devait être temporaire, est une prison, où nos rêves disparaissent comme celui d’une des boulangères qui voulait être aide-soignante. Cette bande dessinée dépeinte dans une ambiance mystérieuse, c’est un peu comme regarder un film d’horreur, et que le tueur en série est invisible : c’est le travail. Ce tueur, il meurtrit, il emprisonne, il blesse, il empoisonne et il rend fou. Pour s’en échapper, Charlotte devra retrouver la raison et sa santé… et entrer dans une autre boucle infernale.