En hommage à son grand-père tout fraichement décoré de la Légion d'Honneur, Tiburce Oger signe là une oeuvre très personnelle, un devoir de mémoire, le témoignage d'un jeune Resistant entre Niort et La Rochelle. Puis la rafle...Et la déportation qui s'en suivit. Un récit prenant, horrifique car très détaillé sur les abominables et inhumaines conditions de détention. Rien n'est épargné au lecteur, et c'est à vous en donner le haut-le-coeur. Je n'aurais pas pensé le dessin semi-réaliste de l'auteur adapté à cet exercice, mais il se révèle très adapté pour représenter les yeux exorbités et les corps décharnés. Les conditions de survie ne s'améliorent guère à la libération, entre famine et épidémie de typhus. Les cicatrices (séquelles physiques, incompréhension de la population) sont nombreuses et difficiles à (sup)porter, comme autant de souvenirs gravés au fer rouge. Enfin, le Temps fait son oeuvre et la routine reprend ses droits: une ultime page emplie d'émotion chamboule une dernière fois, avant que l'on ne referme cet ouvrage marquant.