Colette, Mémoires d'une maison close, nous plonge dans le Paris du début du XXᵉ siècle pour nous parler des conditions sociales féminines et nous emmener dans un lieu enclin aux fantasmes.


Le manga aborde énormément de propos très intéressants.

Tout d'abord, le manga explore toutes les thématiques du fantasme. Ce n'est pas étonnant de voir ce thème abordé dans une histoire de maison close, mais je trouve que c'est abordé de plusieurs manières qui sont plutôt intéressantes. Déjà, dans l'histoire, on distingue deux types de fantasmes : le premier, qui est lié à un trauma d'enfance, qui engendre une forme de fantasme (mécanisme d'autodéfense assez courant en psychologie), et un deuxième qui, lui, est simplement un fantasme qui ne cache aucune souffrance antérieure. Mais le manga fait une autre distinction, cette fois-ci, entre le fantasme qui est une chose explicable rationnellement et une perversion, qui est plutôt une paraphilie déviante et innée chez un individu.

Ensuite, le manga apporte toute une dimension sociale à son récit. On nous montre que la prostitution est une issue pour des femmes qui se trouvent dans une détresse économique. Le problème, c'est qu'il nous est montré que, quand ces filles sont prises dans l'engrenage, elles perdent leur liberté et sont forcées de continuer ce métier.

D'autre part, on a un personnage que je trouve assez intéressant : c'est le personnage de Léon, le copain de Colette. Tout d'abord, il faut savoir que c'est un homme ayant eu une enfance où il était ignoré, et dans sa vie d'adulte, il va combler ce manque dans une forme de luxure. Ensuite, il a un rôle vampirisant pour Colette. On pourrait le rapprocher d'un pervers narcissique, car Colette idéalise sa relation avec lui, alors que lui est un homme violent avec elle et qui ne fait que lui soutirer de l'argent sans lui montrer vraiment énormément d'amour. Ensuite, lorsqu'il va décéder, on va voir, pour Colette, une phase de deuil et de déni de la mort, mais en réalité, c'est surtout qu'elle se complaisait dans la souffrance qu'elle vivait avec lui, et elle va réussir à faire son deuil quand elle va comprendre qu'elle ne l'aimait finalement pas vraiment.

D'autre part, on a quelques propos abordés en fond, mais qui sont tout de même intéressants, tels que l'idée de vénalité avec le personnage de Nana ; la jalousie lorsque Colette croise Nana ; ou encore le fait de montrer une femme lesbienne à une époque du début du XXᵉ siècle avec le personnage d'Ivy.

Enfin, tout au long du récit, on voit que l'écriture a un rôle salvateur pour Colette. Lorsqu'elle ne se sent pas bien, elle écrit, et c'est même ça qui lui permet de se remettre des moments difficiles. Au final, l'écriture a même une valeur émancipatrice pour Colette, qui va pouvoir, grâce à son talent de romancière, sortir de sa situation de péripatéticienne.


Maintenant, pour ce qui est de l'aspect graphique, je trouve que les chara-design collent parfaitement à cette esthétique parisienne du début du XXᵉ siècle, surtout leurs tenues, qui vont bien dans cette ambiance un peu fin de l'époque Art nouveau. Aussi, j'apprécie beaucoup la référence du nom de Colette, qui est directement inspiré de la romancière du même nom et qui a d'ailleurs déjà fréquenté des maisons closes pour écrire des récits réalistes sur des quotidiens de femmes, sans chercher le jugement ou l'idéalisation.

amphinobien1
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 19 janv. 2026

Critique lue 9 fois

amphinobien1

Écrit par

Critique lue 9 fois

D'autres avis sur Colette : Mémoires d'une maison close

Colette : Mémoires d'une maison close

Colette : Mémoires d'une maison close

9

amphinobien1

2 critiques

Un récit sociale, au sein d'une maison close !

Colette, Mémoires d'une maison close, nous plonge dans le Paris du début du XXᵉ siècle pour nous parler des conditions sociales féminines et nous emmener dans un lieu enclin aux

le 19 janv. 2026

Du même critique

Colette : Mémoires d'une maison close

Colette : Mémoires d'une maison close

9

amphinobien1

2 critiques

Un récit sociale, au sein d'une maison close !

Colette, Mémoires d'une maison close, nous plonge dans le Paris du début du XXᵉ siècle pour nous parler des conditions sociales féminines et nous emmener dans un lieu enclin aux

le 19 janv. 2026