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le 10 août 2018
SuivreBelfast, bloody Belfast
Il suffit peut-être de se contenter d'écrire que l'on a lu "Mon Traître", la BD de Pierre Alary d'une traite, sans reprendre son souffle. Les poings serrés, la gorge nouée, ému jusqu'aux larmes...
Il suffit peut-être de se contenter d'écrire que l'on a lu "Mon Traître", la BD de Pierre Alary d'une traite, sans reprendre son souffle. Les poings serrés, la gorge nouée, ému jusqu'aux larmes. Qu'on jurerait qu'il s'agit là de la meilleure BD publiée cette année... alors qu'on ne connaît pas l'Irlande du Nord et qu'on a - a priori - peu de sympathie ni pour les querelles religieuses en général ni pour les méthodes de l'IRA...
... Qu'on a donc été littéralement soulevé par ce récit puissant, superbement bien construit avec ses flashbacks et ses ruptures (l'interrogatoire - sans images - du "traître"). Et intelligemment dessiné, avec des choix de couleurs "monochromes" créant une véritable atmosphère sans recourir à l'esthétisme virtuose qui mine souvent la BD contemporaine. Avec son trait léger et faussement simple qui va à l'essentiel, l'âme des personnages plutôt que "l'action", judicieusement réduite au minimum...
... Et bien entendu, que l'on a été impressionné par la conclusion de "Mon Traître", cette fin terrible qui ne prétend surtout pas expliquer l'inexplicable, ni la trahison ni le mystère de l'Amour, et qui arrive pourtant à nous faire toucher du doigt la... Vérité de cette histoire, voire même un peu de "l'Histoire" du conflit irlandais...
Mais il faut aussi reconnaître que, n'ayant pas lu le livre - réputé lui aussi - de Sorj Chalandon ici adapté, on est bien en peine de dire si la grandeur enthousiasmante et l'humanité terrassante de "Mon Traître" étaient de toute façon déjà tellement présentes dans le matériel d'origine que l'échec artistique n'était pas possible... Dans ce cas, de la même manière que Chalandon est resté fidèle à l'esprit de ce pays dont il est tombé amoureux et au coeur déchiré de ces gens qui sont devenus sa famille, on est prêt à jurer que Pierre Alary n'a assurément pas trahi, lui, la cruelle beauté de ce récit intime destiné à nous hanter pendant longtemps.
[Critique écrite en 2018]
Retrouvez cette critique et bien d'autres sur Benzine Magazine : https://www.benzinemag.net/2018/08/24/pierre-alary-adapte-mon-traitre-le-roman-de-sorj-chalandon-avec-brio/
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Créée
le 10 août 2018
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le 10 août 2018
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