Le premier volume de Moyasimon au Japon, en 2005, était imprimé sur du papier 100 % recyclé avec de l’encre fabriquée à base de soja. Le ton est donné. Cette série en treize volumes ayant connu une célèbre adaptation en “anime” au Japon est un ovni dont le sujet et le traitement ne laissaient en rien prévoir le succès. Les microbes, bactéries, acides, bacilles, levures et autres moisissures sont les véritables héros de Moyasimon.
Tadayasu Sawaki, le personnage principal, est un jeune étudiant d’université agricole à Tokyo et a un don particulier, celui de voir les micro-organismes à l’œil nu. Cette disposition a priori complètement inutile devient un atout majeur dans une université agricole. Mais il sert surtout de prétexte à l’auteur, Masayuki Ishikawa, pour déployer une vaste palette de contenus pédagogiques ou culturels autour de la fermentation et de la vie des microbes.
Nombre de spécialités alimentaires japonaises ou coréennes sont ainsi “décryptées”, ainsi que les modes de vie universitaires, le fonctionnement des brasseries de sake, jusqu’aux principes de la terraformation… Et cela fonctionne étonnamment bien grâce à l’intégration de ces sujets dans une narration qui fixe des enjeux assez impliquants pour le héros. Mais aussi grâce à un character design particulièrement performant. Près d’une dizaine de personnages gravitent ainsi autour du héros, qui forment une communauté dont on suit avec plaisir les aventures.
Moyasimon a reçu en 2008 le prix du manga de son éditeur Kōdansha, ainsi que le Grand Prix du concours culturel Osamu Tezuka, pour lequel il avait été nommé en 2006 et 2008. Il a également été nommé pour le premier prix Manga Taishō.
Glénat.
13 tomes en tout
dont 2 tomes en librairie.