Avec Negalyod, Vincent Perriot nous livre une fresque futuriste où des dinosaures, des cités suspendues et des machines de l’apocalypse cohabitent dans une explosion visuelle. Mais si le voyage est spectaculaire pour les yeux, il peut parfois donner l’impression que le conducteur du train a oublié de freiner dans les virages de l’intrigue.
L’histoire suit Jarri, un berger des steppes aux prises avec un système oppressif dirigé par des élites technologiques. Après un drame personnel, il se lance dans une quête de vengeance qui le mène à une rébellion contre l’ordre établi. Sur le papier, ça sent l’épopée classique, mais dans les faits, le scénario avance par à-coups, comme un raptor apprivoisé : imprévisible, mais un peu désordonné.
Graphiquement, Perriot excelle. Ses paysages désertiques et ses villes futuristes sont saisissants, avec une richesse de détails qui immerge immédiatement le lecteur dans cet univers étrange. Les dinosaures, véritables stars de l’album, sont rendus avec une majesté qui ferait rougir Spielberg. Mais attention, ces merveilles visuelles peuvent parfois éclipser une intrigue qui, elle, manque un peu de souffle.
Côté narration, le rythme est inégal : certaines séquences vous happent comme une tempête de sable, tandis que d’autres vous laissent à bout de souffle, perdu dans les méandres d’un scénario qui s’étire sans toujours trouver sa direction. Les dialogues, bien qu’efficaces, manquent parfois de naturel, donnant l’impression que les personnages philosophent à des moments où ils devraient courir pour leur vie.
Quant à Jarri, notre héros, il peine à sortir de l’ombre de ses inspirations. Bien qu’il soit déterminé et charismatique, son développement reste limité, laissant le lecteur sur sa faim quant à ses motivations profondes. Heureusement, les seconds rôles apportent un peu de fraîcheur, même si leurs apparitions sont souvent trop courtes pour marquer durablement.
En résumé, Negalyod est une œuvre visuellement époustouflante, mais dont le scénario peine à suivre le galop des dinosaures qu’elle met en scène. Un régal pour les amateurs de mondes post-apocalyptiques, à condition d’accepter que la narration laisse parfois le cerveau en friche.