Je suis très friand de one-shots, car je n'ai pas toujours le temps d'enchainer de longues séries de mangas. Du coup, lire une histoire complète qui ne dépasse pas un tome, ça me permet d'avancer dans mes lectures sans pour autant perdre le fil des histoires que je lis. Le problème, c'est qu'un one-shot, c'est court. Il n'est donc pas recommandé pour un auteur de créer des univers trop riches, car il risque alors de perdre son lecteur en cours de route.
C'est exactement ce que j'ai ressenti en lisant Néji. Je pensais lire une petite histoire sans prise de tête, je me suis retrouvé avec un manga qui posait déjà des bases comme s'il allait introduire un univers très complet. Sauf qu'en 3 chapitres, il est très difficile de créer un univers cohérent et détaillé. L'introduction se fait donc avec plein d'informations qui ne sont pas forcément nécessaires. On nous installe un cadre futuriste, avec un background assez lourd, qui pourrait fonctionner sur plusieurs tomes, mais qui se casse la gueule très rapidement. Cela crée une confusion qui ne s'arrête pas uniquement à l'univers présenté, mais également aux personnages et à leurs motivations. On passe du concept de cryogénisation à celui de lavage de cerveau, puis on embraye sur une histoire de superpouvoirs pour enfin finir avec des robots calqués sur les humains.
Je vais me répéter: l'univers présenté dans ce manga n'est pas inintéressant. Mais l'exploitation est tellement confuse et bordélique que la lecture s'apparente plus à un calvaire qu'à un réel plaisir. Même au niveau des dessins, bien qu'on puisse constater une amélioration entre le premier et le dernier chapitre (en même temps, près de 10 ans séparent la création de ceux-ci), on ne peut pas dire que ce soit vraiment du joli. Les personnages et les décors sont quelconques, et cette froideur dans les dessins ne donne vraiment pas envie de s'attarder plus longtemps dans cet univers.
Pour ma part, c'est un pétard mouillé, qui avait peut-être de bonnes idées, mais dont l'ambition était trop grande pour un simple one-shot. Dommage.