Sans doute galvanisé par le succès de « Long John Silver », Mathieu Lauffray rempile avec les frères de la côte : même univers, maquette identique,...Les similitudes sont frappantes dès la couverture, sauf que l'artiste fait désormais cavalier seul. Et malheureusement, on ne s'improvise pas scénariste ; surtout de la trempe de Xavier Dorison. A défaut de s'inspirer d'une figure aussi emblématique que le vieux forban décrit par Robert Louis Stevenson, le dessinateur s'appuie sur une nouvelle de Robert E. Howard et pioche allégrement dans d'autres références (« Pirates » de Roman Polanski) pour faire voguer son récit. Au final, le scénario est plutot plat, les dialogues ne sont pas toujours très bien composés (et frisent parfois même le ridicule), les personnages ne sont pas très consistants (Raven est un anti-héros, l' »impitoyable » Lady Darksee est trop sexy pour être crédible) ; tout cela manque d'emphase et la dimension réellement épique fait défaut. Le talent graphique (sublimes doubles pages) ferait presque oublier les faiblesses et les maladresses de l'écriture car le souffle de la grande Aventure est bien présent, mais il n'empêche : l'auteur risque de devoir ramer, pour atteindre le niveau de sa précédente quadrilogie.