N°6, c’est un shojo un peu à part, entre science-fiction, politique et lien très fort entre deux garçons. On suit Shion, enfant de l’élite dans une cité parfaite en apparence, dont la vie bascule le jour où il protège un fugitif, Nezumi. À partir de là, la belle façade de N°6 se fissure.
Ce qui m’a accroché, c’est le contraste entre la douceur du trait et la dureté du fond. Les dessins sont superbes, les personnages principaux très beaux. Nezumi est charismatique, Shion touchant, avec un vrai panel d’émotions. La bromance entre eux porte le récit. J’aurais juste aimé voir plus de décors extérieurs, parce que les villes et les ruelles donnent vraiment envie d’y rester.
L’histoire met un peu de temps à démarrer, pose des mystères, impose la fuite, puis tout se déplie. Plus on avance, plus l’intrigue se révèle construite, jusqu’à un final convaincant. Mention spéciale pour Inukashi et ses chiens, personnage d’abord marginal qui connaît une belle évolution et apporte une autre façon de survivre dans ce monde.
Derrière les dessins doux, le scénario cache pourtant des zones très sombres: cannibalisme, prostitution, exploitation humaine. Rien n’est montré de façon crue, mais tout est là, intégré au récit, et c’est ce qui rend ces thèmes percutants. N°6 questionne la ville idéale, le prix de la sécurité et ce que l’on accepte de sacrifier pour garder une illusion de confort.
Une dystopie efficace, deux personnages qu’on n’oublie pas, quelques thèmes socio-politiques... N°6 mérite clairement le détour.