Nuit de fureur par NicoBax
Je vais citer la critique de D. Welsel publiée sur BD Gest' qui résume très bien mon avis : "Little Bigger débarque à Peardale, une de ces villes un peu perdues comme l'Amérique en compte par milliers. Officiellement, il est étudiant et loge à la pension de Jake Winroy. En réalité, il est venu pour tuer « accidentellement » ce même Jake Winroy, avec qui le grand patron a quelques comptes à régler.
Une balance, protégée par la police et poursuivie par la mafia, face à un tueur sans pitié qui, sous ses airs de jeune homme bien comme il faut, cache une froideur à toute épreuve. C'est sur ce malfrat un peu particulier que repose le roman de Jim Thompson, ici adapté par Matz et Miles Hyman. Et il a de quoi séduire, cet exécuteur de basses besognes atypique. Jugez plutôt : il est adulte depuis quelque temps déjà, mais semble à peine sorti de l'adolescence. On chuchote même qu'il aurait la tuberculose. Cela ne l'empêche pas d'avoir un certain charisme, en plus d'une solide réputation, et il sait jouer de son charme auprès de la gent féminine. Il allie donc à merveille le Bien qui ressort de son apparence et le Mal qui se dissimule derrière le masque de la respectabilité et de l'innocence.
Sauf que, dans cette adaptation, il n'est pas si évident de suivre ce personnage pourtant intrigant. La faute en revient à un découpage qui manque singulièrement de fluidité, une voie-off omniprésente qui n'a pas les accents littéraires à même de soutenir un rythme convenable et un dessin qui, bien que formellement irréprochable, ne parvient pas à restituer une ambiance adéquate. Par conséquent, l'intrigue, loin d'être palpitante, lasse bien avant son terme. Le manque de soin apporté aux divers personnages, leur faible implication dans le récit et le peu de répondant dont ils font preuve finissent par rendre ce one-shot bancal malgré la présence aux commandes de deux auteurs qui connaissent leur métier, l'illustration pour l'un et la narration pour l'autre.
Nuit de fureur est typiquement le genre de livre qu'on aurait voulu aimer mais dans lequel on ne parvient pas à rentrer. L'impression est bizarre mais indélébile."