Off est scénarisé comme un film : c’est très rythmé, spectaculaire, bourré d’action et, surtout, suffisamment crédible pour que l’on entre immédiatement dans cet univers privé brutalement d’électricité par des éruptions solaires. La mise en scène est efficace et le dessin vraiment réussi. Mais le scénario ne sort que très peu des sentiers désormais bien battus de l’effondrement : les institutions vacillent et les hommes recommencent très vite à s’entretuer. Tout cela fonctionne, mais on a quand même l’impression d’avoir déjà vu ou lu cette histoire cent fois. Les nombreuses intrigues parallèles donnent d’abord du rythme et de l’épaisseur au récit, mais elles finissent aussi par disperser l’attention et, sur plus de 300 pages, par me lasser un peu.
Finalement, l’histoire que j’aurais aimé voir véritablement développée est celle de la société qu’ils vont devoir reconstruire après l’effondrement. La BD s’arrête précisément au moment où elle aurait pu devenir vraiment intéressante : raconter une nouvelle fois comment notre civilisation s’écroule et comment les hommes s’entretuent, d’accord… mais pour quoi faire, si l’on ne raconte pas davantage ce qu’ils essaient de construire ensuite ?