Marine a été victime d inceste. Devenue journaliste, elle se met a enquêter sur sa propre famille pour comprendre les mécanismes du deni, du malaise, de l' oubli et du silence. Elle tente de comprendre les dessous du tabou
De tous les romans graphiques que j ai lu au sujet de l inceste ( des maux a dire, ce que Cécile sait, la tête sur mes épaules, les yeux fermés, ma famille imaginaire . ...) c est ce roman que j ai le plus aimé.
Il y a dans ce récit une distance qui rend la réalité accessible sans gommer l horreur mais sans aller trop frontalement dedans comme dans " Daddy's girl".
Beaucoup d aspects sont abordés : la mémoire traumatique avec ses flous, ses images, ses sensations vaporeuses, l isolement de la victime qui n' arrive pas a faire confiance aux autres, la peur des réactions des autres face a la vérité, le doute et l incrédulité de la famille et la peur de la briser, d en altérer l honneur. Marine cherche également à comprendre s’il y a eu un basculement chez l’auteur des violences qui pourrait expliquer ses agissement. Et puis il y a ce silence béant qui profite à l agresseur mais qui détruit la victime.
Au niveau du graphisme, le dessin reste réaliste, plutôt épuré. Les couleurs et les visages transmettent les émotions sans que le récit ne tombe dans des représentations explicites. C’est efficace, sans lourdeur ni noirceur, et surtout sans jamais verser dans le glauque.