Le braquage s’est déroulé comme sur des roulettes. Chacun a joué son rôle à la perfection et une heure après le coup, il était déjà temps de se partager le butin. 33 000 dollars pour quatre c’est pas énorme, surtout quand le petit nouveau de la bande décide qu’il sera le seul à en profiter. Le début d’une cavale pour le malfrat, avec aux trousses Parker, LE collègue qu’il ne fallait pas trahir. Impossible pour lui de ne pas récupérer sa part, impossible pour lui de lâcher sa proie une fois lancé sur sa piste.
Parker est un personnage mythique du polar américain. Créé par Donald Westlake (sous le pseudonyme de Richard Stark), il aura traîné sa grande carcasse de gangster dans plus de vingt romans, essentiellement entre les années 60 et 70. Cette adaptation en BD n’est pas une première et elle reste dans la continuité de ce qu’avait proposé Darwyn Cooke chez Dargaud, à savoir une fidélité totale à l’histoire, à l’ambiance et au caractère du personnage. Parker, c’est un solitaire, un taiseux. Un gars qui obéit à ses propres règles, qui n’est pas là pour être gentil, pour paraître sympathique ou pour arrondir les angles. Un hors-la-loi à l’ancienne, qui déteste les coups tordus et aime qu’un plan se déroule sans accro. Un album hommage au polar old school, efficace et parfaitement rythmé, qui vaut surtout pour son formidable traitement graphique restituant les codes d’un genre qui symbolise à merveille la littérature populaire du 20e siècle.