Le Québécois Michel Rabagliati n'en fait pas mystère, Paul, son personnage que l'on retrouve dans neuf albums, est son alter ego.
Dans celui-ci, le neuvième, Paul a 51 ans et sombre dans la déprime. Il a divorcé, sa mère souffre d'un cancer, sa fille unique s'apprête à quitter le Québec pour Londres et il est confronté à de petits problèmes de santé.
En moins de 200 pages que l'on parcourt sans se lasser un seul instant, Michel Rabagliati aborde une multitude de sujets en les traitant selon les cas avec gravité, délicatesse, poésie ou de manière strictement documentaire sans jamais se départir d'une bonne dose d'humour. De la recherche d'une nouvelle compagne sur la toile ou à l'occasion d'un salon du livre aux difficultés de voisinage avec un stakhanoviste du jardinage, en passant par des velléités de révolte contre les utilisateurs compulsifs de téléphones portables et la description d'un appareil d'avancement mandibulaire pour lutter contre les apnées du sommeil, Michel Rabagliati ne s'épargne guère dans l'auto-dérision.
Une bande dessinée foisonnante que je ne saurais trop recommander !