A la nuit tombée, alors que les allées se vident et que les grilles se ferment, les jardins de Kensington deviennent le terrain de jeu des créatures fantastiques. La petite Maimie Mannering s’est perdue et devient la cible de fées avides de petits doigts à croquer. Sauvée par Peter Pan, elle lui demande de la ramener chez elle mais le garçon volant préfèrerait qu’elle reste. Ensemble ils vont voir la Reine des Fées pour qui ils vont devoir résoudre une énigme pour que la fillette puisse rentrer chez elle avant que l’aube ne se lève.
Il y est bien loin le Pays Imaginaire et ses promesses d’aventures, et ce Peter Pan a un côté bien plus obscur que celui qui deviendra le héros des enfants Darling. Avec ses fées menaçantes, ses arbres parlant et ses ombres aux formes éthérées, l’histoire prend un aspect plus sombre et effrayant animée par un héros chargé d’ambivalences qui nous ramène aux origines de l’œuvre et de son créateur.
Cependant, s’il a su conserver les caractères physiques de cet enfant qui ne voulait pas grandir, José-Luis Munuera a aussi su s’emparer de l’œuvre et en livrer sa vision propre qui s’exprime dans des illustrations d’une beauté onirique évoquant la nuit et ses mystères, entre rêve et réalité. Peter Pan de Kensington est une adaptation libre et originale qui revisite l’histoire de cet enfant éternel en évoquant les thèmes moins évidents de la perte d’un enfant, du souvenirs et de la mort. Touchant !