Sujet forcément bouleversant, évoqué avec une simplicité désarmante. La partie la plus horrible a beau être limitée à une portion congrue et, souvent placée sous ellipse, elle sourd ce récit biographique qu'un trait limpide et radieux déleste de toute pesanteur forcenée. Comme souvent : c'est ainsi, à la détour d'un geste ou d'une retrouvaille ombragée que le cœur s'étreint. Perçue par un enfant, à qui l'on autorise naïveté et rêvasserie - de fait, on devrait les imposer aux adultes se comportant pourtant comme des garnements insondables -, la situation complexe est intriquée est évoquée et évacuée pour ce qu'elle a d'implacablement arbitraire. On pourrait pointer l'aveuglement partial sur la colonialisme bourgeois occidental et ses conséquences terribles, mais ça serait porter atteinte à la droiture morale d'un récit qui résonne à la première personne - et en dit long par son prosaïsme attentif aux détails; et qu'une belle envolée poétique vient surligner d'un geste de plume d'albâtre.