le 12 oct. 2013
La mort du petit Grigori.
Thriller historique, expression qui décrit parfaitement "Petrograd", tout en restant fort vague. Je ne saurais affirmer que l'Histoire est parfaitement retranscrite (mais qui donc le peut ?), mais je...
Petrograd, c’est un peu comme si John le Carré avait mis les pieds dans la Russie révolutionnaire de 1916 : un cocktail d’espionnage, de complots, et de tension historique, où même la vodka semble avoir des plans secrets. Philip Gelatt et Tyler Crook livrent une bande dessinée captivante qui mêle drame historique et thriller politique avec une précision redoutable.
L’histoire se concentre sur l’assassinat de Raspoutine, cette figure énigmatique qui fascinait autant qu’elle effrayait. Mais au lieu de rester dans le domaine de la légende, Petrograd plonge dans les coulisses sombres de cet événement, à travers les yeux d’un espion britannique pris dans un maelström de manipulations, de trahisons, et de doutes. C’est un récit tendu, qui navigue habilement entre le réalisme historique et l’intensité dramatique.
Visuellement, Tyler Crook fait un travail remarquable. Son style, à la fois sombre et expressif, capture parfaitement l’atmosphère oppressante de Petrograd en pleine tourmente révolutionnaire. Les décors, qu’il s’agisse des rues gelées ou des intérieurs richement détaillés, sont imprégnés d’un réalisme qui te plonge directement dans cette époque troublée. Les personnages, quant à eux, dégagent une humanité palpable, même lorsqu’ils complotent dans l’ombre.
Philip Gelatt, de son côté, maîtrise l’art du thriller. Les dialogues sont incisifs, et la narration, bien que dense, reste fluide. On sent la tension monter à chaque page, et même si l’on connaît l’issue historique de l’assassinat de Raspoutine, le récit parvient à maintenir un suspense efficace. L’espion britannique, à la fois protagoniste et spectateur impuissant, est un personnage complexe, tiraillé entre son devoir et ses propres questionnements.
Cela dit, Petrograd n’est pas sans défauts. La densité de l’intrigue et le nombre de personnages secondaires peuvent parfois donner une impression de surcharge, et certains moments auraient mérité plus de respiration pour laisser l’émotion s’installer pleinement. De plus, le rythme, bien que généralement maîtrisé, connaît quelques lenteurs qui pourraient frustrer les lecteurs en quête d’action pure.
En résumé : Petrograd est une plongée fascinante dans les méandres de l’Histoire, un mélange habile d’espionnage et de drame humain, porté par un duo créatif talentueux. Une lecture exigeante mais gratifiante, où chaque page te rappelle que la vérité, tout comme la révolution, est rarement simple. Prépare-toi à te perdre dans les ombres glaciales de la Russie tsariste… et à ne jamais regarder une bouteille de vodka de la même façon.
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Créée
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Critique lue 2 fois
le 12 oct. 2013
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