J'ai rêvé de partir, j'ai été contraint de rester... Alors je suis parti en restant"
Alors qu'il était sur le point de faire le voyage de sa vie en Alaska, Alexandre est contraint de rester, bredouille, sur le tarmac. A la place il élira domicile dans un petit hôtel... de l'autre côté de la place où il habite. S'ouvre alors un carnet de voyage du quotidien. Prêter attention à ce qui nous entoure, éveiller ses cinq sens, lever la tête de son smartphone.
Ce pitch, c'est du Chabouté ! C'est tout ce que j'aime. L'hommage au quotidien, la vie sans filtre, et ce regard posé et donné aux choses qu'on ne voit plus. Ce monsieur a le pouvoir de nous "dépoussiérer les yeux". Un poète du 9ème art, un Thomas Vinau du dessin, du roman graphique. Et puis, il y a l'art de son crayon noir, toujours le même, qui a le pouvoir nous faire voir les couleurs, les sentiments sans un mot.
Qu'il est brillant ce regard du poète à dessins nous chuchotant de :
" Se nourrir délicatement de chaque situation, de chaque événement, guetter chaque détail, cueillir des yeux chaque instant. Apprivoiser le temps, le freiner, l'arrêter, valser avec le futile et l'insignifiant. Chevaucher l'ordinaire, tutoyer Le banal. Reconsidérer le négligeable. Savoir embarquer son imagination et sa curiosité. Mentir à ses yeux en leur faisant croire qu'ils ont jamais vu ce qu'ils voient pourtant tous les jours... "