Difficile d'ignorer le nom de Philippe Boxho, médecin légiste belge d'origine liégeoise. C'est un petit phénomène avec plus de 1.700.000 lecteurs francophones, des livres traduits dans plus de 20 pays et ses millions de vue sur les réseaux sociaux.
Cette bd est un objet original, ce n'est pas une adaptation des livres précédents, détrompez-vous, c'est plus que cela.
Il s'agit vraiment pour moi d'apporter une autre facette au personnage et à son métier. C'est sous le regard de Pierre Alary que se construit l'ouvrage, grâce à un petit personnage caricatural, un "double" du dessinateur mais peut-être aussi de nous lecteurs qui nous nous posons des questions et venons dans le quotidien du travail de médecin légiste avec un regard candide.
Ce petit personnage va suivre l'homme au quotidien dans son travail, le dessin précis nous permet de visualiser avec justesse et beaucoup d'humanité le travail de légiste. Cela permet de comprendre ce qu'une autopsie révèle, l'appui de cette expertise à la justice, de prouver que parfois la cause de la mort n'est pas ce que l'on croit voir.
Avec minutie, précision, sans louper le moindre détail, l'autopsie permettra d'y voir plus clair et d'aider à élucider certaines situations. C'est aussi l'occasion de tirer la sonnette d'alarme et de se rendre compte de l'utilité de ce métier et le manque de moyens dans le domaine de la justice. Environ 70 homicides passent chaque année au travers des mailles du filet.
Une découverte intéressante du métier, pour le revaloriser, susciter des vocations, être le lien entre le droit et la médecine.
Ce qui est intéressant aussi dans ce récit est de se rendre compte que lorsque la mort vous frappe de près, même si on la côtoie au jour le jour, que l'on pense la maîtriser, la comprendre, la mettre à distance dans votre quotidien, il n'est pas facile de l'accepter en réalité.
Magnifique album avec beaucoup d'humilité, de sensibilité et d'humanité.
Les jolies phrases
Comprendre une scène de crime, c'est souvent comme un puzzle - il faut remettre les pièces dans le bon sens, trouver celles qui manquent et essayer que ça tienne debout.
Oui, c'est délicat, mais on doit oublier que ces corps vivaient encore il y a quelques heures. Ils avaient des enfants, des proches, des joies, des peines.. Des crédits aussi...
On doit les traiter comme des objets. Sinon, on ne tiendrait pas, et ce métier très important serait tout simplement impraticable.
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