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Ce tome des Ogres-Dieux retrace l’histoire la Première Née, la fille du Fondateur : Bragante. Érudite et ambitieuse, elle ne cesse de se battre tout au long de sa vie pour avoir une place décisionnelle au sein de la famille. Mais ce n’est qu’une femme : son père, ses frères, parfois ses propres sœurs font tout pour la diminuer.
Quelle claque ! Et malgré mon adoration sans borne pour cette série ce n’était pas gagné : les 3 premiers tomes étaient déjà exceptionnels. Celui-là est peut-être bien le meilleur.
Le scénario est magistral, les scènes s’enchaînent avec un rythme impeccable. Les dialogues sont acérés, les situations déplaisantes au possible : on respire et on lutte avec Bragante à chaque minute de la lecture. L’univers fantastique n’enlève rien à la terrible résonance actuelle : une femme qui se démène pour être écoutée, approuvée, légitimée.
Les dessins de Gatignol sont majestueux, son univers graphique unique. Les lumières et les ombres jouent dans les détails, s’accrochent aux regards furieux, aux détresses et aux folies. Les regards sont constitués de quelques traits épais mais débordent d’expressivité. Le format du livre donne du poids à chaque case : chacune d’elle est un tableau.
J’ai coutume de dire qu’une BD trop bavarde est un déséquilibre, qu’à mettre trop de texte autant écrire un roman. Ici – peut-être est-ce mon manque certain d’objectivité – les paragraphes rédigés concernant l’histoire de tel ancêtre ou proche de la famille sont tellement précieux ! On s’y glisse avec avidité, en quête d’un indice qui finalement nous fera voir l’ensemble sous un jour nouveau. Les dernières pages sur l’histoire d’Émione sont un crève-cœur : on sent la fin arrivée alors on ralenti le rythme, on savoure chacun des mots écrit par Hubert, ce très talentueux scénariste parti trop tôt.
Ce tome 4, qui ne devait pas être le dernier mais qui le sera, me plonge dans une douce tristesse. Je vais relire tous les autres. Encore.


Mélody
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le 22 déc. 2020

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