Raconter l'Histoire en plus d'une histoire, c'était la mission que s'était donnée Louison et avant elle Thomas Snegaroff, l'auteur du roman qui a précédé cette adaptation. Raconter l'histoire par le prisme d'un étrange personnage sans qui notre destin aurait peut-être été tout autre mais que l'histoire n'a pas retenu.
Putzi, petit homme en bavarois, contrairement à son surnom était un grand gaillard de 2m. Étrange personnage fantasque il est le héros parfait d'un roman. Etait-il un monstre, était-il un clown, une marionnette? Était il un génie, fin geopoliticien ou un pantin gangrené par son ego grand comme sa carrure. Il était en tout cas un homme au désir fou de plaire à Hitler, aveuglé par l'orgueil et la soif de faire partie de l'histoire. Il était le vaisseau amiral faisant la connexion entre l'Amérique de Roosevelt et l'Europe fasciste. Marionnette des puissants, son personnage montre que l'histoire mondiale tient en des personnages et leurs désirs de rentrer dans l'histoire.
L'adaptation BD ne devait pas être simple et imposait de faire des choix dans la narration. La BD s'en tient essentiellement à la vie de Putzi (et du monde) avant la Seconde Guerre mondiale et à la personnalité même de Putzi qui s'anime avec le dessin dans une narration sobre. Peu bavard en dialogue, l'illustration de Louison se compose avec de grandes cases aérées, à la coloration monochromique (vert, rouge, brun) et des silhouettes aux gros traits. C'est plaisant.