Sacrées sorcières
7.2
Sacrées sorcières

BD franco-belge de Pénélope Bagieu (2020)

Les sorcières modernes en collants rayés : potion mi-sucrée, mi-salée

Dans Sacrées sorcières, Pénélope Bagieu transforme les vilaines méchantes des contes en une bande de conspiratrices perchées entre glamour old school et pure cruauté. C’est un peu comme si votre mamie sortait de sa cuisine, jetait son tablier, et révélait un gang secret de chasseuses de marmots… avec style. Oui, c’est bizarrement fascinant.


Bagieu, on la connaît, elle adore réinventer des classiques, les triturer pour en sortir des versions à la fois modernes et funky. Ici, elle s’attaque à l’œuvre de Roald Dahl avec sa patte bien à elle : des illustrations vivantes et expressives, qui alternent entre cocasserie et tension dramatique. Ses sorcières, qu’on pourrait croiser à une réunion de PTA (Parents de Têtes Affamées), sont terrifiantes tout en restant presque… accessibles ? On ne sait pas si on veut leur échapper ou leur demander leur secret pour des cheveux aussi impeccables.


Cependant, le récit, bien que captivant, souffre parfois d’un petit défaut de rythme. Bagieu semble se débattre pour rester fidèle au ton acide de Dahl tout en y glissant sa marque personnelle. Résultat : on se retrouve avec un mélange qui fonctionne, mais qui a du mal à trouver son équilibre. Une potion qui manque peut-être d’un ingrédient magique pour nous ensorceler totalement.


Les illustrations, elles, rattrapent le tout : des décors riches, des personnages aux expressions marquées, des scènes qui oscillent entre la farce grotesque et l’angoisse subtile. Les couleurs apportent une chaleur bienvenue dans ce monde de sorcières franchement pas commodes, mais attention : derrière les palettes chatoyantes, le danger rôde.


En bref, Sacrées sorcières est une adaptation audacieuse, drôle et visuellement savoureuse, mais qui n’atteint pas tout à fait le niveau de la potion parfaite. On passe un bon moment, on sourit, on frissonne un peu, mais on garde l’impression que les sorcières de Dahl auraient mérité un soupçon de bagou supplémentaire. Alors, chapeau bas à Bagieu pour l’effort, mais peut-être qu’un dernier sort aurait transformé ce chaudron en or.

CinephageAiguise
7

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Créée

le 27 janv. 2025

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