Okada remet le couvert pour une nouvelle série d'appellation G, cette fois-ci sous-titrée "Assassin"

Assassin car on suit ici Shura du Capricorne, nouveau héros de cette partie qui a été envoyé dans un monde parallèle, dans un autre temps pour traquer une guilde d'assassins nommés les sans visages. Shura, accompagné d'un petit hibou mascotte nommé "Cocteau" s'est extirpé de sa propre réalité pour visiter un monde parallèle où s'abat une bande de sans-visages qui essayent d'éliminer une jeune fille Yoshino qui semble être spéciale. Shura découvrira une autre faction de guerriers derrière les sans-visages, les gladiateurs qui participent à la guerre des épées sacrées, une bataille permettant de définir quelle est la lame sacrée ultime. Shura possédant Excalibur sera forcément impliqué dans cette bataille, son bras droit abritant Excalibur, l'épée sacré du roi Arthur.

Avec G Assassin, Okada va encore plus loin dans l'exploration et l'appropriation du mythe Saint Seiya.

Déjà, il décide de placer son intrigue dans un monde parallèle à celui G ou Saint Seiya originel. Nous sommes au Japon dans les années 2010. Les smartphones, internet, la mode vestimentaire, tout nous plonge dans le Japon de ces années. Les bronzes 5 de ce monde ont bien grandis et sont des darons en puissance car si mes calcules sont bons, ils ont 35-40 ans bien tassés. Shun est docteur, Hyoga barman en plus d'être devenus des chevaliers d'or. L'intégralité de l'histoire se passe au Japon, dans différentes villes et régions entre Tôkyô, Kyôto, Hiroshima, et autre lieux mythiques, touristiques du pays. En même temps que l'histoire avance, nous faisons un véritable road-trip, preuve qu'Okada se sert de cette mythologie pour valoriser des choses qui doit lui être cher et qui potentiellement pourra toucher le cœur de son lectorat japonais très chauvins et une partis des touristes étrangers potentiels.

Shura était très admirateur de cette culture, étant d'origine Espagnole, il découvre tout sur place, ce qui laisse place à quelques scènes très cocasses et aussi pédagogiques qui nous en apprennent plus sur les us et coutumes, traditions et produits locaux japonais.

Tout ceci fait qu'on a du mal à se sentir pleinement dans l'univers de Saint Seiya alors que si, et Okada malgré ses nombreuses libertés parvient toujours à dresser un portrait fidèle des personnages de Kurumada. Hyoga est barman et père de famille et plus âgés, certes, mais il reste le Hyoga qu'on connait et qu'on affectionne avec ses mêmes problématiques et Okada va assez loin dans ses développement. Pour d'autres personnages, comme Deathmask et Aphrodite, il suivra la vague qui tend à redorer le blasons de ces personnages qui étaient dans l'oeuvre originale des vrais "méchants", corrompus. Ici, comme dans Soul of Gold, Deathmask se rachètera une conscience, une humanité en se battant du bon côté et en s'investissant vraiment dans la bataille. Okada n'oublie donc pas le côté fan service en introduisant de manière parfois hasardeuses ou totalement anecdotiques des éléments des séries spin-off comme Soul of Gold vu plus haut et Next Dimension (jamais The Lost Canvas malheureusement ni Saintia Shô)

Les tomes intégralement en couleur sont bien plus petits que les tomes de G ou n'importe quel autre spin-off. Ils font environ 80 pages dans un papier qui donne l'impression d'un peu plus. Ce qui fait le l'intrigue est très resserrée, notamment à cause de ses combats très nombreux et dieu sait que l'intrigue de G Assasssin et son multivers sont complexes. C'est une bonne chose dans le sens où Okada explore de nouveaux horizons, créant ainsi sa propre mythologie (et identité) mais on finit par vite décrocher de l'histoire si l'on n'est pas un minimum attentif à chaque lignes, explications énoncés par les personnages qui sont parfois d'une importance cruciale pour tout comprendre à cet univers et à ses règles..surtout à partir du tome 10. A cela s'ajoute des nouveaux "concepts" pour les combats comme le 9ème sens, le Dunamis, le Karma, L'Authentic Cloth, plus toutes la mythologie entourant les gladiateurs, beaucoup de choses nouvelles à placer pour l'auteur et à assimiler pour le lecteurs en finalement peu de place, 16 petits tomes de 70-80 pages. Comme Okada est super généreux et qu'il tente vraiment de s'affranchir de l'univers de base, il nous balance des dingueries à la face régulièrement, comme son énorme trip sur Camus du Verseau qui est "le dernier rempart" entre deux univers ou le monde des morts et celui des vivants..bref... parfois ça tombe à plat, soit parce qu'il s'est juste fait un petit kif perso qui s'affranchit totalement du canon, soit parce que c'est beaucoup trop gros ou téléphoné pour passer crème aux yeux des fans. Reste que quand c'est bien dosé, c'est du caviar, aussi bien au niveau du scénario et (surtout) du visuel. D'ailleurs je suis persuadé qu'Okada est un gros geek qui a voulu ajouter parfois au forceps des références à d'autres œuvres vidéo-ludiques ou manga etc. Je suis par exemple persuadé qu'Okada joue et est un fan invétéré de Fate Grand Order (dérivé de Fate Stay Night), un RPG où on invoque des héros mythiques pour combattre...et c'est avéré qu'Okada est fan de Nier Automata (design de Shion avec son bandage sur les yeux).

Certaines planches sont à tomber par terre. La classe ultime ! même Teshirogi ne peut pas mieux faire en terme de pause, de composition, de classe. Il y a des planches qui sont à mettre au panthéon des plus belles planches de la saga et toutes transpirent la passion et l'authenticité, et dans ce cas précis, la couleur fait toute la différence. A côté de ça, on a parfois le droit à un dégueulis visuel, avec des couches et des surcouches d'arrières plans ou d'effets en tout genre qui alourdissent le dessin, la couleur achevant ce qui reste à sauver, c'est le cas de la plupart des attaques et coups portés qui sont noyés dans la couleur, les effets, qu'on galère à déchiffrer. C'était déjà le cas dans G mais là c'est plus flagrant. C'est d'ailleurs le principal défaut de l’œuvre, ça et les quelques errances de scénario ou fan service qui vont parfois trop loin.

Sinon Saint Seiya G Assassin c'est de la balle. J'adore le flow de Shura (très bon look vestimentaire) et la manière dont il a été promu au rang de personnage principal, j'adore le parallèle avec la série G, avec Aiolia qui est menacé par Zeus (évoqué dans G), étant son incarnation mortelle, j'adore l'histoire de mondes parallèle, j'adore les scènes de tranches de vie avec cet humour caractéristique propre à Okada. J'adore aussi la galerie de personnages créé pour l'occasion, les gladiateurs issus de mythologies, littératures diverses qui sont très bien traitées avec des petits détails qui font la différence. Par exemple Lancelot est super et tout son mythe, sa fascination pour son roi, sa trahison, tout est respecté. Mais j'apprécie aussi les personnages originaux, les sans-visages, Yoshino, Cocteau (qui est en fait Saga transformé mais aussi un hibou tout mimi).

A cela s'ajoute la réappropriation totale du mythe et même son inversion avec Aiolos qui est cette fois l'antagoniste principal, le "mastermind" de cette histoire qui a tout orchestré, qui a tué son frère, tranché la tête de sa déesse et abattu Saga qui était resté du bon côté, l'anti-Pope. Quelle idée extraordinairement couillue.

La plupart des détracteurs se sont plaint que plusieurs intrigues, sous-intrigues ou personnages étaient abandonnés en cours de route. D'après les information que j'ai sur la dernière partie de G, Requiem, c'est en partie faux car Shura de G Assassin revient ainsi que d'autres personnages. De toute façon, avec sa base fondée sur le multivers, tout est possible. On notera en effet des abandons de personnages qui vont servir dans un arc puis totalement disparaître même comme dit plus haut, 16 petits tomes de 80 pages, surtout se la fin, oblige l'auteur à rusher.

A ce propos, la conclusion du combat ultime contre Aiolia est vraiment expédiée. Shura et Aiolia disparaissent de la réalité, et on intronise Seiya au rang de Gold Saint...en une dizaine de page. Pour le coup c'est trop rapide.


uther
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le 24 mars 2026

Modifiée

le 24 mars 2026

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