Après avoir rendu un superbe hommage à Solomon Kane dans la BD ''Le Puritain'', le trio hispanique s'attaque cette fois au mythique Conan le Cimmérien. Et quelle réussite ! On y découvre un Conan vieillissant, désormais roi d'Aquilonie, mais las d'un pouvoir devenu pour lui des chaînes. L'appel de la liberté le pousse à songer à un retour vers sa Cimmérie natale, là où bat encore le coeur sauvage de son peuple.
En parallèle, nous suivons l'expédition de Conan II, son fils, parti affronter une menace surgie des jungles pictes (inspiré directement de l'incroyable nouvelle "Au delà de la rivière noire"), guidé par les prophéties d'une oracle. Héritier de la puissance martiale de son père, le jeune prince n'a pourtant pas la même vision du monde : enfant de la civilisation, éduqué par une reine soucieuse qu'il ne devienne pas un tyran, il incarne un autre visage de l'héritage de Conan.
L'album explore une thématique chère à Robert E. Howard : l'opposition entre civilisation et barbarie, avec l'idée que toute civilisation finit par se corrompre et que le monde retourne toujours à l'état sauvage. le récit aborde également la relation père/fils, la transmission des valeurs et des devoirs, dans une atmosphère crépusculaire... un crépuscule rouge sang.
Cette bande dessinée est épique, violente et sensuelle. Une oeuvre réservée à un public averti, mais incontournable pour tout fan d'aventures pulps.
J'espère que les auteurs ne s'arrêteront pas en si bon chemin et nous offriront bientôt d'autres hommages aux personnages de l'auteur texan, à commencer par El Borak, qui reste l'un de mes favoris.