La vendeuse de La Petite Bulle, dans le vieux Lyon : « ah, si vous avez aimé Locke & Key, Joe Hill vient de sortir cette BD qui rac… »
Moi : « JE PRENDS ! »
J’ai découvert Joe Hill avec l’excellente série de BD « Locke & Key » qu’il avait scénarisée deux ans plus tôt. Locke & Key, c’est la plus grande claque BD que j’ai eue depuis pas mal d’années. En particulier, le talent de Joe Hill pour la narration m’avait complètement bluffé : j’ai très rarement lu de scénario de BD aussi bien ficelé et aussi prenant. Bref, j’ai adoré.
Du coup, quand la vendeuse de ma boutique de BD m’a dit qu’il avait sorti un one-shot tendance horreur, je n’ai pas hésité une seconde, j’ai acheté. Malheureusement, j’ai été plutôt déçu. Si l’histoire semblait prometteuse à la lecture du prologue, la suite n’est pas très enthousiasmante. La faute à un format très court, qui ne laisse pas le temps à Joe Hill de développer cet univers, qui semble pourtant plein de potentiel.
L’intrigue principale se résume donc à une histoire très classique. On est pile dans le scénario classique du film d’horreur de série B (attention spoilers) : cinq protagonistes se retrouvent enfermés dans un lieu horrifique, plein de menaces, et doivent s’en échapper. Parmi les cinq protagonistes, on a cinq archétypes du cinéma d’horreur : le héros noble en deuil qui a mal agi et cherche la rédemption, le pur psychopathe, le blessé qu’on ne veut pas laisser derrière mais qui est destiné quand même à mourir vite, le criminel sexuel qui sera forcément puni de mort pour ses crimes, et la femme flic alliée du héros.
Le reste de l’histoire est assez prévisible. Les « causes » de Chrismasland sont à peine évoquées – quel est ce lieu, qui est vraiment ce Charlie, quels pouvoirs a vraiment cette voiture, d’où viennent les « enfants » - et on n’a que peu de réponses à ces questions.
On est très loin de ce que Joe Hill a pu faire sur Locke & Key. Trop court pour lui permettre de dérouler un scénario bien ficelé, Bienvenue à Chrismasland n’est pourtant pas désagréable, même si on reste sur sa faim. En toute honnêteté, j’aurais dû mettre un 6 à cette critique si cette BD avait été écrite par quelqu’un d’autre : mais comme j’attends tellement mieux de la part de Joe Hill, je baisse la note à 4.