Une narration trop plate sans temps morts ni temps forts
Scarface propose une grosse demie-heure de divertissement plutôt agréable et bien ficelée autour de l'ascension d'une petite frappe de Chicago vers les sommets de la pègre américaine.
Seulement voilà, le récit se déroule à grande vitesse sans temps mort ni tempo, tous les pans de la vie de Tony Guarino défilent sous nos yeux sans que l'un d'entre eux soit véritablement mis en avant ou travaillé pour donner de la profondeur au personnage, comprendre ses motivations, ses souffrances, ses envies. Tout est plat comme ces mauvais documentaires qui ne savent pas donner de relief et donc de véritable intérêt au sujet qu'ils traitent.
Quand, en plus, on nous explique dès le départ ce qui va se passer à la fin et qu'on tue ainsi ce qui aurait pu constituer un semblant de suspense, on se retrouve finalement avec un récit expéditif plat et sans surprise, ce qui fait plutôt léger.
On ressort donc de ce Scarface avec le sentiment d'avoir lu une BD graphiquement très agréable mais sans envergure. En se fendant d'une cinquantaine de planches supplémentaires pour donner du relief à leurs personnages, les auteurs auraient pu, à mon sens, accoucher d'un Scarface bien plus convaincant.