...mais dont le rythme finit par s’essouffler sur la durée.
Spectateurs propose un récit assez déroutant, qui m’a laissé un sentiment mitigé.
L’idée de départ est pourtant très intéressante : suivre une protagoniste qui passe son temps à observer la vie des autres, à les épier. Très vite, le lecteur se retrouve dans la même position qu’elle : spectateur passif, voyeur par simple curiosité. Le comics semble ainsi pointer du doigt ce trait profondément humain, cette fascination parfois malsaine pour la vie des autres… et surtout pour la violence.
C’est d’ailleurs l’un des thèmes les plus marquants du récit : notre rapport à la violence et au sexe. Le parallèle évoqué avec The Terminator est particulièrement parlant : un père cache les yeux de sa fille lors d’une scène de sexe, mais pas lors d’une scène violente. Une manière assez directe de souligner l’hypocrisie de notre société face à ces deux formes de représentation.
Au début, j’étais vraiment pris par le concept et par ce jeu de miroir entre le personnage et le lecteur. Mais passé la moitié du récit, l’intérêt s’est un peu essoufflé pour moi. Suivre cette protagoniste devient moins captivant et le rythme finit par sembler un peu long. Heureusement, la fin apporte une dimension méta assez bien trouvée qui redonne un peu de relief à l’ensemble.
En revanche, côté dessin, rien à redire : le travail de Niko Henrichon est superbe et porte vraiment le récit.
Au final, Spectateurs reste une lecture intéressante pour les thèmes qu’il aborde — le voyeurisme humain, notre fascination pour la violence et l’hypocrisie autour de ces sujets — mais qui m’a paru un peu trop étirée pour pleinement me convaincre.