Après le succès de son précédent manga autour de la crise dans le milieu hospitalier japonais, Give My Regards To Black Jack, le mangaka Shuho Sato s'est lancé dans une introspection créative avec Stand By Me : Kakuemon. Une occasion en or pour cet auteur, qui a connu le succès, de poser des images sur l'envers du monde éditorial manga, ainsi que du prix à payer.
À travers l'avatar de Kakueo, Shuho Sato ne se lance pas, comme l'ont fait des œuvres du style Bakuman, dans une critique légère mais slice of life de l'industrie du manga, mais bien dans une satire féroce et sans pitié. Les personnages incarnant la force éditoriale sont représentés avec des traits patibulaires, au comportement toxique voire bestiale, accompagnés d'une lubricité sans limite, et on ressent fortement le vécu personnel de l'auteur au travers de cette vision satirique.
En parlant du trait, une influence est à chercher du côté du maître Inio Asano, notamment via son réalisme cru et ses personnages au faciès expressif. L'influence de Inio se ressent aussi dans le portrait impitoyable et cynique que délivre Kakuemon de la société. Influence dont il tire parfois les mauvais aspects, notamment dans la gratuité régulière de scènes de sexe incluant la seule protagoniste féminine de l'œuvre.
Cependant, l'histoire se suit avec beaucoup de plaisir, notamment grâce à cette idée d'un vieil homme censé être Kakuo dans le futur. Cela ajoute à cette introspection sur ce qui motive une carrière de mangaka dans un milieu concurrentiel et saturé, où la moindre étincelle de réussite est saisie par les majors éditoriale, puis codifiée à outrance pour un succès éclair.