L'espoir est mort. Cette phrase en trois mots pourrait résumer ce one shot. Bien que sous l'égide Suicide Squad, les personnages affiliés à l'équipe ne font ici qu'office de décors, afin d'encadrer une autre équipe, de parfaits inconnus, avec en son centre, Mike, le plus grand loser du village des losers, un être pathétique, vide, criminel condamné à passer sa vie derrière les barreaux suite à un quintuple meurtre accidentel, qui se retrouve un peu par hasard comme cobaye affublé de pouvoir divin, chargé de poursuivre un être cosmique qui décime la population à travers la planète.
La narration est nihiliste, et le style graphique se désagrège de plus en plus, pour aller faire une aquarelle de moins en moins lisible, jusqu'à redevenir esquisse au fusain dans sa dernière case. Cette esthétique, assurément inspirée des horreurs cosmiques de Francis Bacon, se désagrège au fur et à mesure que le personnage principal, devenant de plus en plus puissant, perd son humanité, se transcende, devient une part même de l'univers. C'est radical. Et magnifique.