Suite et fin (ou presque, puisqu’un tome 4 verra le jour plusieurs années plus tard) des aventures de Japperd et Gus. Au final, ce qui compte vraiment dans cette histoire, ce n’est pas le monde post-apocalyptique, mais l’évolution de ces deux personnages. À eux deux, ils représentent une large palette de l’humanité : d’un côté Gus, enfant naïf qui découvre le monde et qui va devoir s’endurcir pour survivre ; de l’autre Japperd, qui a trop vu le pire de l’être humain et qui va peu à peu réapprendre à aimer, en laissant la haine derrière lui.
Jeff Lemire réussit très bien à faire ressentir toutes ces nuances à travers un récit pourtant assez classique et prévisible dans sa structure. Mais ce n’est clairement pas le décor post-apocalyptique qui est au centre du propos. La véritable trouvaille, qui rend cette histoire post-apocalyptique pourtant assez classique intéressante, réside dans la fin de l’humanité telle qu’on la connaît et la naissance d’une nouvelle espèce hybride, à mi-chemin entre l’homme et la nature.
La conclusion est satisfaisante, touchante et surtout cohérente avec le message de la série. Ça fonctionne pleinement.
Côté dessin, Jeff Lemire impose son style, qui peut être clivant. Personnellement, je trouve qu’il s’accorde parfaitement à l’ambiance et renforce encore l’émotion du récit.
Je lirai bien sûr le tome 4, mais sans doute avec un peu moins d’enthousiasme. Cette fin se suffisait à elle-même, et les suites arrivant plusieurs années plus tard sont rarement indispensables.