Comme le précédent volume, celui-ci est découpé en deux parties, avec une première moitié qui continue directement le récit principal. Et clairement, on sent que la série approche d’un véritable point de bascule autour de “la vérité”, avec Cole Turner au centre de tout.
Comme souvent avec James Tynion IV, c’est parfois très verbeux, mais aussi extrêmement intelligent dans sa manière d’aborder les thèmes. Car au fond, quand on parle de vérité, de quelle vérité s’agit-il réellement ? Celle de Cole, qui veut utiliser le Department of Truth pour faire le bien ? Oui, mais selon sa propre vision du bien, qui n’est pas forcément celle des autres.
En parallèle, Lee cherche à faire pencher la balance pour préserver une certaine idée de l’Amérique, quitte à s’allier au président des États-Unis. Difficile de ne pas y voir une référence à Trump, et si c’est bien le cas, James Tynion IV ancre encore davantage son récit dans notre réalité politique, ce qui promet quelque chose de particulièrement passionnant pour la suite.
De l’autre côté, Hawk veut purement et simplement faire tomber le Department of Truth, tandis que Ruby semble écrasée par le poids de ses actes passés et cherche une forme de rédemption.
Bref, énormément de thèmes passionnants et de pistes narratives… mais le rythme reste assez laborieux par moments, ce qui crée cette frustration permanente : on sent que la série prépare quelque chose d’énorme sans encore totalement lâcher les chevaux.
La seconde partie s’intéresse davantage au passé de Frank, la hackeuse du Department, et à la manière dont elle a intégré l’organisation. Un récit plus intime mais très intéressant, qui m’a beaucoup fait penser à W0rldtr33 ou même Something is Killing the Children. Difficile de savoir si James Tynion IV cherche volontairement à créer des passerelles thématiques entre toutes ses séries ou s’il s’agit simplement de coïncidences...