"The grocery" traite d'un sujet qui nous touche profondément : la pauvreté.
A la manière des jeunes de banlieue dans "The wire" (il y a d'ailleurs une référence au fameux canapé orange de D'Angelo), on suit l'évolution de jeunes trainants dans les rues pour dealer et essayer tant bien que mal de s'en sortir.
Mais au delà de ce thème maintes fois abordés auparavant, on peut voir la critique d'une autre jeunesse (la mienne , la tienne aussi peut être lecteur), celle qui n'a pas été confronté à la crise des subprimes, qui va encore à l'école, qui est à des millions d'années de la dureté et des souffrances de celle-là.
Et pourtant ... Le texte et le dessin nous fait ressentir subtilement ce clivage en le déguisant sous l'inconscience des protagonistes, sous leurs conneries répétées, et nous rappelle au fond qu'ils ne sont tous que des vieux enfants ou des jeunes adultes qui sont au milieu d'un jeu.
Ce comic m'a touché, parce qu'il existe une puissance dans ses dessins alternants l'inanimation et la violence des armes à feu, alternants le silence au langage grossier.
Là où certains comics détaillent les moindres émotions des personnages en les couchant sur le papier, Ducoudray et Singelin n'ont aucun besoin de cela et arrive parfaitement à exprimer des émotions subtiles.
Bravo
En attente expresse de lire la suite, ce qui risque d'arriver très prochainement.