Avec Garth Ennis, les récits de guerre sont généralement une valeur sûre pour les amateurs du genre. L'auteur a souvent le talent de mettre en lumière des épisodes moins connus de l'Histoire, et The Lion and the Eagle ne fait pas exception. Cette fois, il s'intéresse au front birman durant la Seconde Guerre mondiale, où les forces britanniques affrontent l'armée japonaise dans un conflit largement éclipsé par d'autres théâtres d'opérations plus médiatisés.
On suit des soldats confrontés à un environnement aussi hostile que la jungle birmane, avec le sentiment d'être engagés sur un front oublié, manquant de moyens et peinant parfois à comprendre l'utilité de leur mission. C'est cet aspect humain qui fait une bonne partie de l'intérêt du récit.
Comme souvent lorsqu'il aborde la guerre, Ennis adopte un ton relativement sobre. Certes, certains passages sont violents et sanglants, mais cela reste au service du propos. L'auteur évite également la caricature : on n'est pas dans une opposition simpliste entre de valeureux Britanniques et de cruels Japonais. Chaque camp bénéficie d'un traitement nuancé, ce qui apporte davantage de crédibilité à l'ensemble.
Pour autant, il faut rester honnête : si la lecture est plaisante pour les amateurs de récits de guerre, The Lion and the Eagle n'est pas un indispensable. Le récit est assez verbeux et manque parfois du souffle des meilleures œuvres de Garth Ennis.
Côté dessin, là aussi, on est sur une prestation correcte sans être mémorable. Le trait remplit parfaitement son rôle narratif et accompagne efficacement l'histoire, mais il ne marquera pas particulièrement les esprits.
Au final, une lecture sympathique qui plaira surtout aux passionnés d'histoire militaire et aux lecteurs appréciant les récits de guerre de Garth Ennis, sans pour autant atteindre les sommets du genre.