Fraîchement sorti au label Hi Comics, le nouveau morceau cyberpunk du duo Kot/Moore, The New World, promettait un spectacle et une romance survoltée, à la confluence d'un Roméo et Juliette et de Running Man.
Dès son entrée en matière, le comics convoque les influences des grands maîtres : Otomo avec cette vision nucléaire effroyable, Moebius au travers de cette Nouvelle Californie haute en couleurs, Charles Burns avec son trait épais et marqué, donnant presque une touche grotesque aux visage...
Mais le duo Kot /Moore, s'il trouve sa propre direction artistique, restera en surface dans sa démarche, malgré sa volonté de proposer une relecture acide, pop et résolument coloré des classiques de la dystopie (on pense à Rollerball, Judge Dredd ou même Robocop avec cette émission que le monde entier suit, Les Gardiens, et qui nous montre une justice unilatérale d'une extrême violence).
Le manque de développement de son univers et de ses thématiques se voit surtout dans son final très rushé, qui n'aboutit sur pas grand chose. Si le duo d'amoureux se révèle touchant, il manque cruellement d'épaisseur idéologique et psychologique. Une passe manquée dans l'arène de la dystopie graphique.