Traqué dans l’espace, ou « Space Captain » de son titre original, est un comics made in England paru en 6 épisodes de 2014 à 2019. Il n’a été traduit en français que 10 ans plus tard pour la collection « Aventuriers d’Ailleurs » des éditions Bamboo. Même s’il m’arrive de lire des Comics, je donne rarement mon avis sur ceux-ci. En fait, c’est en découvrant la couverture sobre et épurée, lors de mon passage à la librairie éphémère du festival des Utopiales en 2025, que j’ai d’abord été attiré par cet album. Puis ma curiosité a été attisée par la lecture des 18 premières pages sur le site de sceneario.com
Ce n’est pas tant le dessin que l’originalité du scénario et les multiples rebondissements qui tiennent en haleine le lecteur pendant un peu plus de 240 pages. On ne s’ennuie pas une minute dans cette aventure galactique menée d’une main de maître par ces deux auteurs écossais, encore peu connus en France. Cet album reprend avec intelligence les codes des bons vieux Space Opéra, pour proposer une vision du futur où l’homme est en voie de disparition, au profit de nombreuses espèces extra-terrestres. Les Star Wars et les Star Trek sont bien évidemment des références auxquelles on pense tout de suite en lisant la BD. Mais on y trouve aussi d’autres références comme 2001, l’odyssée de l’espace, avec le nom de HAL l’ordinateur de bord d’un vaisseau spatial. D’autres références, cette fois-ci liées aux western ou d’autres films, émaillent cette histoire d’aventure épique. Ces références au cinéma sont appuyées par un découpage des cases et des planches en plan quasi cinématographiques.
En considérant que l’être humain est une marchandise que l’on doit chasser comme un animal, les auteurs ont orienté la narration sur l’humanité et la survie de l’espèce. Mais ne vous y trompez pas ce n’est pas forcément une bande dessinée trop « cérébrale ». Ce qui ne l’empêche pas de traiter d’autres sujets très sérieux comme la solitude, le sens à donner à la vie quand on est le dernier de son espèce ou encore les regrets ou l’amitié.
Le coup de crayon expressif de Chris Baldie n’est pas toujours esthétique à proprement parler mais il est graphiquement intéressant. Le dessin semi-réaliste, style comics « indé », colle parfaitement au traitement de l’histoire. Le découpage des cases et les couleurs chatoyantes concourent à donner du rythme tout en donnant un aspect attractif aux planches. En dessinant ses héros façon « cartoon », l’auteur crée de la proximité avec le lecteur en lui permettant de s’attacher aux personnages.