Cruel portrait, vaguement tendre, d'une épave perdue dans un corps à la dérive et dans des désirs adolescents. La solitude est telle qu'elle bestialise, enferme, marginalise aux confins du monde, dans des limbes qui rendent la société lointaine. Le corps se décharge. Elle n'est pas aimable, la vieille. Même pas drôle à la Carmen Cru. Elle salive à la pensée de jeunes en combi écorchés par ses chats. Elle pète au visage des files dans les supermarchés. Elle fuit les remords, les regrets. Elle est là, énorme, intouchable.
Delphine Panique pose le regard d'une jeune, empathique, mais à la manière des harceleurs du collège : en exagérant les défauts, en déshumanisant, finalement, pour le plaisir de la caricature. Les vieux méritent mieux que ça.