Paulin aime les trolleybus. Et quand il aime, il est incollable. À l’inverse, pour tout ce qui ne le passionne pas, il fait l’impasse totale. En grandissant, il ne peut passer son permis de conduire et continue de jouer en promenant dans la rue son chariot bricolé à la manière d’un trolleybus, sur ces lignes imaginaires.
Mais le personnage le plus étrange dans cette histoire n’est pas celui que l’on pourrait croire : la fantaisie de Paulin est naturelle, son raisonnement parfaitement clair et logique. Exclu par quelques-uns, il est accepté, tel qu’il est, par d’autres. La bienveillance et la curiosité gagnent, il fait partie intégrante de la vie du quartier.
La narration de Sophie Adriansen associée aux illustrations douces d’Arnaud Nebbache rend hommage avec une grande simplicité à Martial Richoz, qui a réellement existé. Paulin nous questionne sur la marginalité et les normes, la façon dont les institutions traitent celles et ceux qu’elles jugent inadaptés. Une manière poétique de nous rappeler la force de l’humain et la nécessité de manifester contre l’injustice pour faire bouger les lignes.