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Critique de Chien chaud, quatre saisons par Sunread26
Chronique complète...
le 30 sept. 2022
Extrait :
Série que j’ai longtemps voulu afin de pouvoir la lire et que je commence enfin. Le titre était tout bonnement introuvable en neuf, après vérification, je confirme que c’est toujours le cas. Comme pour chaque titre introuvable, les prix ont donc commencés à augmenter, sans oublier que cela reste une série un peu de niche, elle ne court pas les rues en sommes. Il me semble que je n’ai pas pris tous les tomes d’un coup, mais au compte-goutte, en cherchant à chaque fois un prix raisonnable (maximum prix du neuf ou 1/2€ de plus).
J’aime beaucoup la manière dont l’intrigue démarre et sans doute, comment on sera guidé tout du long, découvrant au même titre que les personnages, le fameux grand-père kamikaze qu’ils n’ont pas connus. Cette approche donne l’impression d’être plus proche des personnages, puisque n’importe qui aurait pu vivre la même situation, la même envie de savoir. Que ce soit la génération de mes parents ou la mienne, on n’a connu des gens ayant eux-mêmes connus ou fait la guerre. On parle souvent du devoir de mémoire, mais comme on nous le montre avec les protagonistes, l’histoire et surtout, l’humanité, oublie très vite. Cette première page d’introduction est vraiment révélatrice de la situation actuelle, de ce qui arrive à partir de ma génération en particulier et qui ne va pas en s’arrangeant avec la suite. Chaque génération à ses propres enjeux et très honnêtement, vu la tournure de notre monde, je plains vivement les prochaines. Chaque pays doit avoir son approche du devoir de mémoire et plus le temps passe, plus obtenir des témoignages devient compliqué. En soi, c’est pour cela que les enregistrements vidéo de ses mémoires sont importants. Pour le moment, nos protagonistes se contentent de chercher des informations sur leur propre grand-père et c’est au travers de ce prisme qu’ils en apprendront également plus sur la guerre et sans doute, l’après-guerre dont on parle aussi très peu. Ses témoignages seront tout aussi personnels et subjectifs, personne ne pouvant savoir réellement à quoi cet homme pensait. Il disait qu’il n’y avait rien de plus important que la vie, qu’il souhaitait donc le rester et il avait bien raison. Ce n’est pas parce que tous les autres s’étaient persuadés du contraire à force de pression de la hiérarchie, qu’il fallait faire de même. C’est l’image actuelle du terme Kamikaze qui fera bouger le protagoniste et sa sœur, puisque celui-ci, depuis les tours jumelles, est associé aux terrorismes. Je sais que l’on utilisait le terme dans les deux cas, mais pour moi, cela reste tout de même bien différent. Sans doute parce que je sais déjà pas mal de choses historiquement parlant pour faire la part des choses. Notamment que beaucoup d’aviateurs japonais se droguaient ou buvaient avant l’assaut final (qui ne faisait quasi jamais mouche).
Le premier témoignage qu’ils ont recueillis était assez amer, difficile de savoir si cette personne détestait le grand-père ou non. Ce qu’il a dit à la toute fin me marque comme un aveu que non, à savoir que lui qui souhaitait mourir était en vie (mais estropié) tandis que l’autre souhaitait vivre et n’a pas réussi. Pour lui, survivre avait l’air d’être plus un fardeau qu’autre chose, ses moments de joies ont été très fuguasses et vite rattrapés par le malheur. Le pauvre aura souffert toute sa vie et c’est sans doute sa fierté qui l’empêche de la stopper. Son propre sort après la guerre est assez vite résumé, les textes à la fin du tome permettent de le détailler un peu plus. Je ne sais pas s’il y aura un témoignage par tome, si cela finira également par s’élargir aux kamikazes en général, mais je suis curieuse de lire la suite dans tous les cas. Pour l’instant, difficile de savoir si le grand-père faisait partie des pilotes chevronnés et donc des premières victimes de la politique stupide et suicidaire japonaise. Le lieu étant indiqué, j’ai fait une petite recherche et la bataille de Guadalcanal a durée d’Août 1942 à Février 1943. Les kamikazes étant apparus à partir de 1944, il faisait donc parti des pilotes avec le plus d’expériences (et pas des jeunes envoyés au casse-pipe avec une juste une maigre formation). Le début du tome confirme sa mort en 1945, il devait avoir 26 ans, ce qui reste tout de même très jeune. Au total, il avait 8 années d’expériences en tant que pilotes, une bonne partie avec des guerres au milieu (le pays étant en guerre avec la Chine depuis 1937, la Corée étant déjà sous leur joug depuis 1910). Je ne sais pas trop comment ses périodes historiques sont évoqués en cours d’histoire, le monsieur y fait d’ailleurs référence. Le titre doit plus parler au public japonais sur ce point et c’est son but premier. En tout cas, là aussi le texte à la fin du tome révèle la vérité : les kamikazes l’étaient rarement par choix.
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