Les plateformes de streaming réservent quelques surprises appréciables.
1939 en est une, cette fresque "old school" tranche par rapport aux standards actuels. Elle a réveillée en moi un agréable sentiment, une douce nostalgie, le souvenir de l'insouciance du siècle dernier.
L'histoire se déroule en Suède, entre 1939 et 1945. Peu, voire pas d'action, il n'est pas question ici de combats, même si les soldats sont régulièrement présents.
Le premier intérêt du film est de nous éclairer sur le déroulement de cette période dans la partie nord de l'Europe, un épisode que nos professeurs d'histoire ont omis de nous exposer. Il n'est pourtant pas dénué d'intérêt, on peut ici apprécier l'état d'esprit ambivalent des suédois, partagés entre une grande crainte du communisme et une méfiance qui semble nettement plus nuancée vis-à-vis du nazisme, avec des tentations de collaboration sous-jacentes, idéologiques ou mercantiles. On voit aussi les relations entre nations scandinaves, fortes mais malmenées en ces temps trouble. C'est intéressant, ce qu'on nous résume comme la neutralité scandinave est en fait plus complexe qu'on ne pourrait le croire.
Le canevas du film, somme toute assez classique sur le fond, suit la vie de l'héroïne, tout d'abord dans son idyllique campagne du Värmland, puis à Stockholm. Assez classique, pour résumer, sans trop entrer dans les détails: ascension sociale, puis questionnement sur ses choix, tentation de retour au bercail, sentiment de perte des valeurs dans la haute société citadine. L'actrice principale, de presque tous les plans, fait bien le job.
Le tout est très soigné et vieillit convenablement. Je n'ai personnellement pas vu passer les trois heures, nonobstant le peu d'action.
Le charme de ce film réside, pour moi, dans son atmosphère rappelant parfois la petite maison dans la prairie. Une ambiance naïve et surannée, à l'opposé des films récents, très rythmés. Bref une parenthèse apaisante.