2012, le film catastrophe catastrophique.

Avis sur 2012

Avatar Otakiron
Critique publiée par le

Ceci est une critique politiquement incorrecte, disgracieuse, absolument pas objective, avec une once de relents rageux envers une production indigne du septième art.
Je spoil mais de toute façon il n'y a pas d'histoire so who cares ?
La fin du monde est donc prévue en 2012, tous concernés cette fois ci. On va tous crever, c'est un fait, les mayas l'ont dit, et d'autres hurluberlus ont pas mal tripé dessus.
Mais bref, on est prévenus disaient-ils sur l'affiche.

Je dois dire qu'il m'a fait passer un moment particulièrement difficile, pendant deux heures trente, de voir tant de moyens et de techniques au service d'une image truffée d'effets spéciaux, mais au détriment d'un simple scénario. On ne demandait pas l'élite des scénaristes, mais juste un point d'attache, qu'on se sente proche de quelque chose bon sang.

Bon dans le délire, nous avons le héros (on sait qu'il va pas mourir malgré une petite scène prévisible, dont je parlerai tout à l'heure), l'exe femme du héros (on sait pas si elle va mourir, elle est quand même maman, tout ça...), le méchant (on sait qu'il va mourir), le président des États Unis d'Amérique, sa fille (on sait qu'elle va pas mourir, parce qu'elle a une belle gueule) et un scientifique très touchant.
Enfin bref, un casting d'acteurs au destin aussi prévisible que cliché.

Il n'y a donc pas d'histoire en dehors des liens entre les protagonistes, ou alors en option dans certaines salles et que je me suis trompé de projection, je ne sais pas.

La terre se meurt. Que va-t-on devenir ? Allons-nous tous être solidaires comme le veut cette vieille légende utopique ? Ou allons-nous tout simplement être humains ? C'est à dire purement égoïstes comme est le fond de notre espèce ?

Les deux mon capitaine, parce que lorsqu'on fait des films à gros budgets, il faut séduire tout le monde, et donc ne pas se mouiller, il y a des méchants caricaturaux comme le gros russe milliardaire, qui n'hésite pas à payer un milliard de dollars par siège (pour lui et ses horribles morveux) dans un vaisseau qui va sauver les quelques riches survivants de la planète, oui c'est n'importe quoi. Peut-être dans le but de repeupler une terre inceste ?

Une scène bidon aussi : le gars dans le film va faire ses courses au super marché avec sa femme (je crois que ce sont deux des personnages principaux, mais je répondais à un sms donc j'ai pas suivi, mais on s'en fout, on va dire oui.)
Le supermarché subit tout d'un coup une énorme fissure terrestre, splitant littéralement la boutique en deux, et incroyable : les deux acteurs étaient déjà séparés par la fissure avant même qu'elle n'intervienne, ouf. Plus de peur que de mal. C'est quand même une chance folle, la terre s'ouvre, renverse tout, mais pas de mort ni même de blessés, elle est sympa quand même dans ses derniers instants vis à vis de l'homme qui l'a tant abimée.

Ensuite, je ne sais plus quand, mais bon quand le déluge d'effets spéciaux atteint son paroxysme au point de faire du film une infâme bouillie visuelle. Nous avons le héros qui doit retrouver un document top secret qu'un énergumène atypique et incroyablement renseigné a volé au gouvernement américain (fortiche quand même, enfin depuis qu'un couple s'est introduit dans la maison blanche tranquillement, on se dit qu'il a pas tant de mérite que ça). Ce document révèle donc une position sur terre où ca va pas trop être la galère pour survivre aux effondrements, un délire du genre. (Oui, le film m'a passionné).

Le héros va héroïquement chercher le mec sur la colline dans un car quand tout s'écroule avec sa gosse de quatre ans dedans pour le sauver, mais le mec préfère mourir en fait, c'est son choix, faut pas juger les gens.
Il retourne donc retrouver sa femme (enfin son ex femme, ils sont plus ensemble...dur...) sur une piste d'aéroport mais qu'est ce qu'il se passe ? La terre s'ouvre ! Pile au moment où le gars oublie le document super important dans le car. Donc il y retourne, forcément, c'est un héros.

Et voilà, la chose à ne pas faire ! A ce moment précis, il est en train de glisser dans la lave alors qu'il est encore dans le car ! Non ! Le héros va décéder d'une mort à température élevée dans un cratère !
...Et là, que se passe-t-il ? On voit la caméra placée au ras du sol et on voit quoi ? La main du héros se poser, puis la seconde main. C'est beau.
Ultra, mais ultra cliché vous dis-je. (Les gars, ne payez pas seulement les scénaristes qui manquent à votre film, mais aussi des personnes pour les mises en scènes, vous en avez sévèrement besoin.) Bref, il grimpe et hop, de retour sur terre, trop fort le type. Surtout qu'il est pas taillé athlète de haut niveau quoi.
Faut savoir qu'il a pu s'évader du car qui chutait, qu'il devait avoir une formation escalade (ça tombe bien dans ce genre de situations) pour s'accrocher aux entrailles de la terre qui doivent certainement être bien chaudes, tant à grimper qu'en degré Celsius, et ce, sans froisser le document naturellement top secret. Chapeau. Achievement même.

Une fois sur la piste, il court après l'avion dirigé par le nouveau mec de son ex femme (vous suivez ?) Parce qu'ils ne pouvaient plus attendre, la terre partait en cacahuète !

Mais en plus d'être un très bon grimpeur, il est aussi un très bon sprinteur, et court, court, court derrière l'avion qu'il chope au dernier moment et évite donc l'effondrement du sol.
Vous noterez que dans ce genre de situations le sol s'écroule toujours par derrière, ils auraient eu l'air malins si c'était par devant, pour prendre de la vitesse et faire décoller l'avion, ça l'aurait foutu mal.

Bref, une vraie daube. Tout ça, sur fond de discours moralisateurs insupportables, faussement bien pensants.

Ah et au fait, en Italie il n'y a pas de premier ministre, mais un président du conseil. A l'avenir, faites un film un peu moins prétentieux mais cultivez vous un peu.

Non, je n'ai pas aimé 2012. Comme quoi, la surenchère technique et la production spectaculaire ne font pas oublier l'essentiel d'un film : l'histoire. Puis comme disait Jean Gabin, il faut trois choses pour faire un film : une histoire, une histoire et une histoire. (A titre personnel, je rajouterai les musiques aussi. Ici c'est bien simple, il n'y en a pas, enfin c'est juste des gros coups de cuivre quand une boule de feu tombe sur un monument, et c'est censé faire peur. Mais sinon, zéro mélodie ou thèmes retenus.)

J'ai vu des productions télévisuelles dans le même genre beaucoup plus intenses, plus modestes et bien mieux, sans pour autant s'être auto-proclamées "film évènement culte".

Je suis sorti de la salle malheureux d'avoir perdu deux heures trente de ma vie, sans avoir retenu une bribe d'émotion. Un comble pour un tel thème abordé par un film tout juste prétentieux et insipide.

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