Il s'agit d'un court-métrage adaptant la nouvelle "Pauvre surhomme", sortie dans les années 60, mettant en scène, à l'image de 1984, une société dystopique gouvernée par un régime totalitaire cherchant à faire régner l'égalité absolue entre tous les individus. Pour cela, toutes les particularités innées au-dessus de la moyenne sont handicapées (poids pour contraindre la force physique, masques pour cacher la beauté, brouilleurs de pensée pour l'intelligence) et se défaire de ses entraves est illégal. Le concept est amusant, développé sous forme de satire, et plutôt anticipateur, encore aujourd'hui. On assiste donc, sous couvert de donner la même chance à tous, à un nivellement vers le bas qui aboutit en un monde triste et fade, où la normalité a effacé la beauté inhérente à différentes expressions artistiques, et les émotions en découlant ; ce qui ne laisse que des marionnettes sans but, ni personnalité, sous le joug d'un système oppressif. Pour une petite prod indie, c'est très bien réalisé ; il manque juste un épilogue concluant sur cette médiocratie, sans une once de spontanéité.