La théorie du Chaos est le thème récurent d'Inarritu et on retrouve là encore une histoire où 3 vies qui n'ont, a priori, rien à voir entre elles vont se télescoper au travers d'un drame. Que va t'il en ressortir ? est ce le destin ou bien avons nous notre carte à jouer ? Bla bla on connait le discours.


Le fait est que cet essai là est en fait assez pauvre tant les enjeux et connections entres ces êtres se devinent assez vite. Sans doute conscient que son histoire n'est pas aussi forte qu'il le voudrait Inarritu disloque la narration de son film et juxtapose ensemble des blocs d'espace-temps qui n'aurait jamais du se croiser.
La structure du film va dans le sens de la thématique en quelque sorte. L'idée, sans doute un peu roublarde, a le mérite de fonctionner puisque cette recomposition de l'histoire est faite avec une certaine intelligence. En effet l'articulation des blocs narratifs entre eux fonctionne bien et permet même à certaines scènes, moins intéressantes dans l'absolu, d'avoir une valeur supplémentaires lorsque l'on la remet en perspective des scènes qui l'entourent.


Oui mais voilà le château de carte s'écroule au deux tiers du film lorsque l'histoire reprend un déroulement linéaire. Non content de briser l'unité narrative du film, ce choix permet de mettre le paquet sur le pathos à base de pleurs en gros plans et de longs silences inutiles. Toute l'émotion accumulée jusque là est désamorcée par la lourdeur de la mise en scène jusqu'ici sauvée par le montage astucieux.
Ce retournement ne fait que dévoiler les lacunes des personnages, à part peut être celui de Naomi Watts dont le parcours reste touchant, qui restent figés dans leurs archétypes dramatiques.
Sean Penn à d'ailleurs tendance à en faire des tonnes, rendant la chose encore plus difficile à digérer sur la longueur.


Plus malin que sincère ce film aurait mérité un scénario et des personnages plus creusés pour que ce revirement narratif ait un tout autre poids. En l'état il ne fait que dévoiler les artifices de mise en scène et nous expose ainsi le coeur d'un récit d'une banalité et d'une facilité assez confondante.

Vnr-Herzog
5
Écrit par

Créée

le 31 déc. 2010

Critique lue 3K fois

Critique lue 3K fois

40
6

D'autres avis sur 21 Grammes

21 Grammes

21 Grammes

6

pphf

305 critiques

Très pesant

Est-ce qu'on n'aurait pas trop réduit la perception du film à son découpage éclaté, à son côté puzzle ? En même temps Gonzalez Inarritu l'aurait bien cherché ; il nous impose en effet dès les...

le 29 juil. 2013

21 Grammes

21 Grammes

9

MFFC

1250 critiques

Sac de Noeuds

21 Grammes, j'ai voulu voir ce film dès que j'ai vu son poster pour la première fois affiché dans le cinéma que je fréquente, quand j'ai vu ce casting de ouf et le nom du réalisateur qui est à...

le 26 oct. 2014

21 Grammes

21 Grammes

7

Alex-La-Biche

249 critiques

Overdose

Si 21 grammes pèse dans la carrière d'Alejandro González Inárritu, c'est bien pour sa technique folle et malicieuse, où passé/présent/futur se confondent avec ce schéma narratif éclaté. Schéma aussi...

le 22 avr. 2016

Du même critique

Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal

Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal

1

Vnr-Herzog

469 critiques

John & John Chronicles : Part 10

"- John, tu sais pas qui je viens de voir ? - Non John, qui donc ? - George. - George ? - George. - Ah... et il voulait quoi, un café ? - Non pas ce George là, l'autre George. - Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah...

le 27 déc. 2010

Le Bon, la Brute et le Truand

Le Bon, la Brute et le Truand

10

Vnr-Herzog

469 critiques

Citizen Kane ? Mon Cul !

Pourquoi ce titre provocateur ? Tout simplement parce que le film de Welles arrive systématiquement en tête de n'importe quel classement des meilleurs films de l'histoire du Cinéma lorsqu'ils sont...

le 12 déc. 2010

Cowboy Bebop

Cowboy Bebop

10

Vnr-Herzog

469 critiques

Doux, dur et dingue

Oubliez tout ce que vous savez sur la japanimation (surtout si vous vous appelez Éric Zemmour), oubliez tout ce que vous savez des dessins-animés en général car "Cowboy Bebop" est une série tout à...

le 9 janv. 2011