Layla, une jeune institutrice palestinienne est arrêtée pour un attentat qu'elle n'a pas commis et envoyée dans une prison où se côtoient prisonnières politiques arabes et criminelles de droit communs israéliennes. Au bout de quelques jours, la nouvelle tombe : elle est enceinte.
Le manichéisme est toujours regrettable au cinéma, mais quand un film s'attaque à un sujet aussi sensible que le conflit israélo-palestinien, il devient tout simplement abject. Au delà de sa réalisation peu inspirée, de son incapacité à développer des personnages un tant soi peu intéressants et complexes, ce qui frappe avant tout dans 3000 nuits, c'est la question de la nécessité même de son existence : à quoi bon faire un film, qui loin de proposer une vision humaine et intéressante d'une histoire prometteuse, se contente de transmettre un point de vue simpliste qui n'apporte au final rien à un débat déjà complexe ? Subsiste au final un film esthétiquement inintéressant et dont se dégage une véritable impression de mauvais goût (à ce titre, le dialogue entre la directrice de la prison et l'avocate de Layla à la fin du film fait figure de sommet d'abjection). Si les images de Valse avec Bachir étaient animées, elles restaient néanmoins infiniment plus pertinentes et humaines que celles de 3000 nuits : ainsi, là où Folman faisait des massacres de Sabra et Chatila une scène d'une force incroyable et centrale de son film, Mai Masri n'en fait qu'un ressort dramatique maladroit et inintéressant, un peu à l'image de tout son film.